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Jour 23 : La piscine de l'hôtel Bonséjour

C’était le seul dimanche de l’été où on n’a pas besoin de payer pour aller se baigner dans la piscine de l’hôtel Bonséjour. M. Neuville, le propriétaire de l’hôtel, fait une journée porte ouverte pour attirer plus de touristes et Morin dit que c’est la journée du monde “cheap” qui veut pas payer le prix habituel de 5$ pour aller se baigner.
Faut dire que la piscine est remplie d’eau salée qui vient du fleuve, grâce à une pompe installée à l’entrée du quai qui tire l’eau du fleuve jusqu’à la piscine de l’hôtel.
Et, personnellement, je ne vois pas l’intérêt de payer 5$ pour se baigner dans la même eau que celle du fleuve qui est toujours gratuite, mais faut dire que c’est quand même le fun de profiter du plongeon et d’être pas loin du stand à crème glacée que M. Neuville a installé juste à l’entrée de la piscine.
C’est clair que c’est pas une journée gratuite uniquement pour les enfants, parce que ça a l’air de tomber sur les nerfs de M. Neuville de nous voir toute la gang faire autant de bruit et autant de vagues, de courir partout autour de la piscine, de faire des bombes dans l’eau et de se lancer le ballon.
Dimitri est resté de l’autre côté de la clôture à nous regarder parce qu’il n’a plus le droit de venir se baigner depuis que M. Neuville l’a pogné à pisser dans la piscine l’an dernier.
Il dit que c’est des menteries, mais il dit aussi que “de toute façon, c’est la même eau que celle du fleuve qui est déjà pleine de pisse…”
Mais M. Neuville nous a averti avant qu’on saute dans l’eau qu’il avait mis un produit chimique dans sa piscine qui fait rapetisser le zizi de ceux qui pissent dedans. On savait que c’était pas vrai, mais Gendron ne s’est pas baigné pour pas prendre de risques (parce que si son zizi devenait encore plus petit, il deviendrait une fille).


On avait vraiment du fun mais malheureusement, on n’est pas resté dans la piscine aussi longtemps qu’on aurait voulu. Après que Jonas ait échappé son cornet dans l’eau et que Justin se soit mis à saigner du nez au-dessus du filtreur, M. Neuville a finalement pété une coche quand Gendron a botté son ballon qui a revolé dans la face de Madame Neuville…
“Là, ça va faire! C’est pas un zoo ici, vous avez assez profité de la piscine!… Dehors, les coliformes fécaux! Foutez-moi le camp maintenant!”
On est tous sorti rapidement de la piscine. Gendron est parti chez lui en pleurant parce qu’il est pas capable de botter un ballon comme du monde et qu’on était en maudit après lui… C'est vraiment Dimitri, qui nous attendait encore de l’autre bord de la clôture, qui avait l’air le plus content.
 On s’est rendu à la plage à côté du quai, mais même si la marée montait, elle était encore trop basse pour pouvoir se baigner… on a recommencé à jouer au ballon mais avec de l’eau jusqu’aux chevilles et sans plongeon, c’était pas mal moins le fun que dans la piscine de l’hôtel.
 On était juste à côté du quai quand on a vu M. Neuville arriver à toute vitesse en bicycle. On pensait qu’il venait encore nous chicaner pour quelque chose, mais il était juste venu partir la pompe de sa piscine, installée dans les roches du quai, juste à côté de nous autres.
Il nous regardait croche et on a compris qu’on avait tellement fait déborder sa piscine qu’il fallait maintenant la remplir à nouveau. Vu que la marée était pas encore haute, le moteur de sa pompe avait l’air de forcer pas mal parce que le bout du tuyau, qui tire l’eau du fleuve, sortait un peu de la surface et avalait de l’air en même temps.
Mais M. Neuville avait l’air pressé et s’en est pas rendu compte… “Ici au moins, vous pourrez crier et pisser comme vous voulez! Ça dérangera personne!” Qu’il nous dit avec un sourire baveux en repartant rapidement en vélo vers son hôtel.
“C’est vrai? On peut?” nous chuchote Dimitri en s’avançant dans l’eau et en se baissant les culottes…


Le moteur avait l’air d’étouffer encore plus à mesure que Dimitri pissait sur l’embouchure du tuyau, mais on pouvait comprendre pourquoi: nous autres aussi on avait de la misère à respirer tellement on riait!
 Une chose est sûre: M. Neuville risquait pas de nous revoir dans sa piscine d’ici la fin des vacances!